Plan d'Occupation des Sols et Plan d'Urbanisme
Les questions relatives au développement durable sont sous la pression médiatique depuis plusieurs mois mais elles ne peuvent être réduites à des enjeux de communication et/ou de surface qui engagent et flattent l’ouïe plutôt qu’elles n’engagent l’action volontariste.
Nous souhaitons à cette occasion remercier tout le travail du collectif des associatifs autour de FLORE 54, de l’association Laxovienne pour la protection de l’environnement qui ont été des moteurs puissants concernant la demande de mise en protection de la forêt de HAYE .
Le bois des Fourrasses est donc un enjeu majeur pour Laxou et l’agglomération qu’il conviendra avec l’ONF de préserver, de valoriser en améliorant cette vitrine arborée et verte au cœur d’un dispositif communal plus large de redensification de la biodiversité allant au-delà de la pose médiatique d’une ruche. Favoriser l’accessibilité à tous à cet espace autour d’une vocation pédagogique destinée à sensibiliser sur la dégradation de notre planète est central pour Laxou. Ce facteur de développement contribuera à renforcer et à diversifier l’attractivité de notre complexe sportif Gaston LOZZIA autour d’une complémentarité judicieusement articulée entre sport et nature.
Cette approche autour d’une très bonne articulation entre les espaces forestiers et nos poumons verts au cœur de Laxou nous avait amené à défendre lors de la dernière campagne municipale une volonté de sanctuariser comme espace naturel Mi – les Vignes, les jardins Voirins ,les secteurs de la Haute Corvée qui incluent bien évidemment Saint Ariant.
J’ai relu avec attention votre document de campagne où il est clairement explicité que vous vous engagiez à préserver les espaces naturels des jardins Voirins et le secteur Haute Corvée qui inclut bien évidemment Saint Ariant, puisque la Haute Corvée est déjà construite. Une des nombreuses promesses de campagne encore une fois non respectée par la mise en urbanisation de ces secteurs . Nous sommes contre cette urbanisation programmée sur l’ensemble de ces secteurs qui fragilisera irrémédiablement la qualité de notre paysage urbain.
Ce document qui est caractérisé par un manque d’originalité et d’ambition nous amène à redéfendre le principe que les jardins Voirins, le secteur de la Haute Corvée , Mi les vignes, l’ensemble du haut de Lavaux et du fond de Lavaux s’inscrivent dans le cadre d’un plan global avec le bois des Fourasses de défense de la biodiversité et d’amélioration de notre patrimoine arboré par la mise en place d’une opération programmée d’amélioration des vergers autour d’un plan verger communal ambitieux plutôt que de construire.
Cette dynamique permettrait autour d’enjeux pédagogiques d’organiser des parcours tout en recréant des connexions écologiques tout en améliorant leurs fonctionnalités. Ces espaces ainsi reconstruits serviraient également d’espaces de déplacement doux piétonniers dans notre ville et à l’ouest de l’agglomération.
Un plan de gestion favorable à la biodiversité dans les jardins privés volontaire pourrait coupler cet ensemble favorisant la régénérescence verte tout en renforçant la qualité de notre patrimoine communal global.
Certains écrins végétaux pourraient également servir d’espace à des créations artistiques pérennes. Réconcilier l’art, la nature, la biodiversité et les connexions écologiques est un défi qui doit s’inscrire dans la durée au-delà des paillettes d’un jour.
Préserver notre environnement, renouveler la ville sur elle-même par une réappropriation urbaine de zones déqualifiées ou à requalifier, c’est l’objectif que nous défendons plutôt que de consommer encore et encore du foncier.
Donner des cœfficients de constructibilité dense tout en recréant de l’harmonie avec les espaces urbains de proximité est un objectif inaliénable. La qualité de vie et la maîtrise des coûts d’une ville et d’une agglomération passent par la maîtrise et par la gestion durable de notre foncier. Revaloriser la mitoyenneté car elle est gage de citoyenneté responsable et solidaire plutôt que le développement de juxtaposition urbaine sans cohérence autour du « chacun pour soi ». Les secteurs de Nouvelec , de Saint Joseph, derrière Saint Anne sont des lieux d’expérimentation qui doivent retisser du lien entre la ville, l’environnement et une qualité de vie épanouie. Ces secteurs doivent faire l’objet de laboratoire d’idées dans le domaine de la participation, ce qui changerait fondamentalement vos nouvelles habitudes de l’entre-soi pour une urbanité où l’homme pourra retrouver paisibilité, modernité et nature dans un environnement passif en matière d’énergie. D’ailleurs nous ne retrouvons plus votre éco quartier sur le site de St Joseph .C’était visiblement encore de la communication.
La requalification de l’entrée ouest de l’agglomération est nécessaire mais nous inquiète dans la lenteur de sa réalisation, de même que la requalification de la Cascade qui s’enkyste dans une communication rébarbative sans que les habitants n’en voient l’aube d’un début de commencement.
Les transports doux et collectifs doivent être un élément clef du PADD de Laxou en matière de déplacements en vélo notamment. Un itinéraire empruntant le plateau de Vandoeuvre à Laxou Sapinière pourrait être développé.
Les transports collectifs doivent être une priorité pour tenir les objectifs de l’amélioration de la qualité de l’air et l’amélioration de l’accessibilité de notre agglomération et la qualité de vie de ces habitants. Il est fait mention d’un parking-relais dans le PADD alors que le projet de la ligne 2 du TCSP ne le prévoit pas .Le lancement du marché pour la maîtrise d’œuvre de ce chantier ne le prévoit pas non plus. Encore une flatterie de l’ouïe car les actes ne portent pas les mots.
Nous souhaitons, pour l’essentiel, que les emplacements des parking-relais soient revus et que des engagements fermes soient pris pour la réalisation d’aménagements routiers et paysagers de qualité pour cette entrée de ville et d’agglomération.
Concernant les parking-relais, lors de la concertation sur la ligne 2, vous avez, en qualité de Vice-Président en charge de ce dossier à la CUGN, annoncé que le terminus provisoire serait au Champ-le-Boeuf et qu’il faudrait repenser le schéma de l’entrée ouest de l’agglomération dans sa globalité. Lors du Conseil Communautaire du 6 octobre 2006, Christian PARRA annonçait qu’un parking-relais serait installé à Laxou-Sapinière, près du croisement des autoroutes A31 et A33. Aucun parking relais n’était alors prévu sur la place Godefroy de Bouillon à Nancy.
C’est une évidence, mais il convient de rappeler qu’en installant les parking-relais à l’extérieur des zones habitées de l’agglomération, le Grand Nancy éviterait d’y faire entrer la circulation automobile. Une étude de l’ADUAN a réalisé des comptages routiers en 2006.
Selon celle-ci, les principaux flux véhicules automobiles rentrant dans Nancy par jour sont :
- 43 800 véhicules par jour à la sortie de l’autoroute A330 au sud (Marcel Brot)
- 30 000 véhicules par jour à la sortie de l’autoroute A31 à l’est (la Sapinière)
- 14 000 véhicules par jour à la sortie « Nancy Centre » de l’Autoroute A31 au Nord (Maxéville)
- 7 200 véhicules par jour à la sortie de la RN74 au niveau de la Porte Verte
- 5 000 véhicules par jour par la RD400 venant de Laneuveville vers Bonsecours au sud
Ainsi, les flux les plus routiers les plus importants viennent de l’A31 à la Sapinière et de l’A330 : pourtant, aucun parking-relais n’a été prévu à leurs abords immédiats.
De plus, le ratio entre les places de stationnement situées dans la ville-centre et celles des parkings-relais montrent un centralisme nancéien incitant à l’usage automobile en centre-ville.
A titre de comparaison, au sein de la Communauté Urbaine Nantes Métropole, on compte actuellement 6 000 places de stationnement en parking-relais pour seulement 4 700 places de stationnement en parking « classique » dans la ville-centre. La Communauté Urbaine de Strasbourg compte pour l’instant huit parkings-relais avec 4 000 places de stationnement, soit environ autant que celles de la Ville-Centre.
Pour le Grand Nancy, il existe actuellement 650 places de stationnement dans les trois parcs-relais existants de la ligne 1 mais environ 6 000 places de parking sur la seule commune de Nancy (3 004 places dans les parkings publics gérés en régie par la Ville de Nancy et la CUGN, 2 142 pour les parkings publics concédés et gérés par la société Vinci Park, et 2 917 places dans les parkings privés) soit un rapport de 1 à 10.
Le projet prévoit donc un parc-relais sur la place Godefroy-de-Bouillon à la place du parking actuel à la Sapinière.
Ainsi, nous estimons que le projet actuel encourage la circulation automobile jusque dans le centre de l’agglomération du Grand Nancy, allant à l’encontre des principes écologiques que nous souhaitons encourager, d’autant que le projet de parking sous la place Godefroy de Bouillon nécessiterait l’abattage des arbres de cette place urbaine. Cet aspect de notre PADD montre plus fortement notre devoir de solidarité entre les communes de la CUGN, car ne rien faire à Laxou aura des conséquences graves sur les autres communes.
Faire de Laxou le Babylone des jardins de la biodiversité dans l’agglomération au cœur d’un tissu urbain réconcilié avec les hommes et sa nature autour de capacités de transports propres et raisonnés est une orientation que nous défendons dans la durée au delà des effets d’annonces.
Christophe GERARDOT
Président du groupe des élus socialistes à LAXOU
